Les Nouvelles du Hasard n°2 : Ailleurs... Le Rêve !

Ailleurs… Le rêve !

    Je me demande si tout le monde peut faire le même songe plusieurs fois car ça fait trois ans que je m’endors en faisant le même rêve.

  Comme chaque soir, je m’endors. Mais je dois être dans cette phase de sommeille, à mi-chemin entre le sommeil profond et le rêve.  Puis je glisse progressivement, inlassablement dans mes pensées les plus profondes, dans mon imaginaire… Je… Je rêve enfin !

   Je me retrouve seul, dans une maison. Elle est délabrée et sent le vieux. J’entends les pleurs d’un enfant, au loin. A entendre le son de sa voix, il me semble que c’est un bébé. Je me dirige alors en direction de cette voix inconnue qui se propage incroyablement vite dans cette bâtisse abandonnée. Puis, je passe une porte d’où semble venir le bruit des pleurs de ce bambin dont je ne connais ni le visage, ni le prénom. Je ne le connais pas.

    Et cette porte me fait entrer dans un autre monde. Mon rêve me transporte alors dans un parc d’attraction totalement désert et abandonné lui aussi. Il est grand et vieillissant. Même si au fond de moi je sais que je rêve, je me demande si tout cela peut bien exister.     Soudain, je vois un homme au loin. Il me fait de grands signes. J’avance donc vers lui, mais en voyant qu’il ne se rapproche que bien trop peu de moi, je me mets à courir en sa direction. Seulement, il y a un problème. Plus je cours vers lui, plus il s’éloigne ; à l’inverse, plus je marche et plus il se rapproche de moi. Alors je marche. Là est tout le paradoxe des rêves. Ils vous transportent dans un autre-monde. Cet ailleurs défit toutes les lois de la physique et tout y devient possible... Ou impossible !

    Quand je marche vers cet homme, je ne bouge pas, c’est le sol qui roule sous mes pas tel un escalator qui vous porte. Sur les côtés de l’allée qui défile sous mes pieds, des choses étranges apparaissent. Des cactus couplés à des chapeaux melons, des maisons en flammes habitées par des gens ignorant les incendies ravageant leurs maisons, des animaux à tête de chien et corps de serpent… Tout ce petit monde, je ne le connais pas, je le découvre, je ne pense pas l’avoir déjà vu quelque part même si cela fait remonter en moi de vagues souvenirs.

   Je m’approche de plus en plus de cet individu au loin, je m’approche encore et encore lorsqu’enfin je peux affirmer qu’il s’agit d’un homme. Non !  Attendez, il est étrange ! Il semble qu’il y a un problème. Oui ! Je sais. Cet homme étrange c’est… Moi ! Ou plutôt, mon alter-ego !

    Cette découverte me bouleverse. Aussitôt, je me réveille en catastrophe, comme si je venais de subir le plus grand choc de ma vie, dans ce rêve. Pourtant, je ne connais toujours pas l’objet de ce rêve des plus étranges.

    Et ce rêve continue de m’obséder, jour et nuit.

    En décembre derniers, pour la première fois depuis maintenant trois ans que je consulte un psychologue, j’ai décidé de lui parler de l’étendu de mon rêve. Il m’a expliqué que nos rêves étaient le reflet de notre inconscient. Donc, certains de nos rêves peuvent relater des souvenirs enfouis en nous depuis notre plus tendre enfance. Il m’a alors conseillé d’en parler à mes parents. Ce qui ne fut pas chose facile.

    Il m’aura fallu plusieurs semaines avant d’y parvenir. J’avais tenté à de nombreuses fois de leur en parle sans grand succès. Mais un jour, le destin me donna la force de leur confier et de leur demander ce que je redoutais : la réponse à ce rêve que je ne parvenais pas à comprendre.

    Lorsqu’enfin je suis parvenu à leur révéler cette partie de moi qui me faisait tant souffrir, ils ont su que cela m’obsédait. Ils hésitèrent quelques instants à me dire la vérité ais ma mère pris les devants, suivie par mon père et tous deux m’expliquèrent. Ils ne savaient pas comment aborder le sujet. Mais, finalement, c’est avec des mots très simples qu’ils m’ont dit toute la vérité sur la période de ma vie dont je n’avais aucun souvenir : ma petite enfance !

    Et de cette manière, j’appris que lorsque j’avais quatre ans, j’avais été kidnappé par une femme. Une mère qui venait de perdre son enfant. Elle sortait de l’hôpital et passait devant la cours de mon école lorsqu’elle m’a vu. Le traumatisme qu’elle venait de subir lui fit commettre un crime atroce : elle m’enleva. Les recherches qui suivirent amenèrent la police et mes parents sur la piste d’une maison abandonnée où j’avais été retrouvé dans une des chambres.

    Deux jours après que j’eu connaissance de la vérité, nous nous sommes rendu dans cette maison. Je voulais voir comment elle était.

    Quand nous y sommes arrivés, je me rendis compte que c’était la maison de mon rêve.     Ce rêve qui hantait mes nuits depuis des années. Quand j’ai poussé la porte d’entrée, j’ai ressenti comme un frisson. J’eu l’impression de l’avoir toujours connu.

    Au fond du couloir principal, il y avait une porte bleue. Je m’y suis dirigée instinctivement. En poussant la porte, je découvris une pièce, décorée comme une chambre d’enfant. Le papier peint me rappelait cette étrange fête foraine. Des animaux à tête de chien et corps de serpent, dessiné au feutre, recouvrait un peu partout les murs. Ces animaux étaient accompagnés de maisons en flammes.

    Je me suis alors rendu compte que ce rêve relatait tous les éléments de cette affaire dont j’avais fait l’objet dans mon enfance, dont ma séquestration et mon enlèvement. Mon cerveau s’en souvenait, moi pas. Mon inconscient essayait de me dévoiler une partie de mon histoire que je ne connaissais pas. Cette partie de ma vie que j’avais refoulée au fond de moi, synonyme du blocage de mon subconscient sur cet événement traumatisant.     C’est fou parfois d’imaginer tous ce que le cerveau humain est capable de faire. J’avais refoulé cette partie de ma vie sans m’en rendre compte. Mon psychologue m’expliqua que c’était le système de défense le plus utilisé du corps humain. C’était une protection psychologique.

    L’histoire que je viens de vous raconter est peut-être purement fictive, mais vous, avez-vous déjà fait l’objet d’un tel rêve ? Ces rêves qui vous font ressurgir des événements marquants de votre existence et qui vous transportent ailleurs, dans les limbes oubliées de votre cerveau. Alors, allonger-vous, fermez les yeux et laissez-vous emporter par la magie des rêves. Car les rêves sont le reflet de notre imagination… Le rêve est cet ailleurs qui nous permet de vivre sans frontières, sans limites.

    Le rêve, c’est… La Liberté !

 

Les Nouvelles du Hasard n°2 : Ailleurs... Le Rêve !
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